Expositions photo
L’oiseleur
Nicolas Comment
Librairie les Temps modernes, 6-17juin
Vernissage / rencontre le
mardi 6 juin à partir de 18 h
Cette exposition met en scène la relation étroite et intime que Nicolas Comment entretient avec « l’édition » depuis plusieurs années et dont témoignent plusieurs livres publiés durant cette période aux Éditions Filigranes.
En effet, en empruntant volontiers les sentiers du graphisme, du montage filmique et de l’écriture, et à mesure que ses images sont tirées, triées, ce jeu de photographies devient surtout pour lui un combinatoire de formes qui trouve de plus en plus sa justification entre les images, et par conséquent dans le « livre ».
L’exposition est extraite de la série « L’oiseleur » (réalisée en 2003 à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Jean Cocteau).
Rencontre avec Patrick Le Bescont (directeur des Éditions Filigranes) et Anne-lise Broyer (Co-directrice de la revue Saison).
Quartier Carmes
Bruno Boudjelal
Images du Pôle, du 5 au 11 juin
14h-18h30
Vernissage le samedi 10, 19h
Commande au photographe Bruno Boudjelal (membre de l’agence VU’) dans le cadre d’un atelier avec les résidents du Foyer de jeunes travailleurs de l’Espace Colombier
Photographe franco-algérien membre de l’Agence Vu, Bruno Boudjelal sillonne depuis quelques années le continent africain. Il a ainsi été amené à animer des ateliers photographiques dans les pays qu’il parcourt. Les travaux produits lors de ces ateliers sont le résultat d’une démarche particulière : ils permettent aux jeunes photographes de se libérer des contraintes du « reportage à l’africaine », de sortir des studios où se développe surtout une photographie commerciale. Conscient du manque d’ateliers de ce genre, Bruno organise aussi ces stages en privilégiant les rencontres des photographes de différents pays frontaliers.
« Pendant trois semaines, les stagiaires produisent des images au rythme - assez soutenu - d’un film tous les deux jours, sur un thème précis qu’ils détermineront eux-mêmes. Tous les deux jours ont lieu des séances de critique où chacun présente le travail effectué. Au départ, c’est très difficile : on ne peut pas critiquer son aîné. Mais une fois ces blocages dépassés, la parole se libère. À la fin du stage, j’ai même été obligé de modérer les critiques de certains, parce qu’elles devenaient très féroces ! » (« Et si les talents étaient aussi dans la marge ? » par Marian Nur Goni, Africultures)
Dans la foulée, les stagiaires organisent une exposition, le plus souvent restituée au public sous la forme de murs d’images dépassant parfois 300 tirages. La force des interventions de Bruno se situe certainement dans sa critique du circuit professionnel, d’un art qui laisse en marge des talents « oubliés » (comme Paul Kabré, qui photographie et filme les « fous » à Bobo-Dioulasso au Burkina, ou Françis Provençal, photographe ghanéen, tous deux sélectionnés à la Biennale de Bamako suite à sa rencontre). S’adaptant aux réalités du terrain, il fait souvent tirer les grands formats d’exposition dans un laboratoire du coin, ou encore aligne des séries individuelles – des photocopies couleurs simplement punaisées- qui sont autant de témoignages questionnant le réel et plus particulièrement la localité, les habitants, la mémoire.
Pour lui, ces ateliers sont avant tout des rencontres humaines, qui l’ont aussi aidé, dit-il , à éclaircir son propre travail sur l’Afrique . On connaît depuis 1993 son travail sur l’Algérie, la famille, le retour de son père, ses images des lieux des massacres : un travail « sensible ». On connaît moins l’homme intranquille partagé par son identité, qui parcourt le goudron africain depuis Tanger, point de départ d’un nouveau projet. Ses images sont celles d’une Afrique intériorisée, en couleur ; ou encore celles d’un voyage en banlieue parisienne. Peu à peu, au travers de ses travaux, Bruno Boudjelal semble reconstituer un décor familier, violent sûrement, car la banlieue laisse des traces que ses images n’effacent pas, au contraire.
Nous sommes heureux de l’accueillir à Orléans dans le cadre d’une commande. Bruno Boudjelal encadrera quatre jeunes du Foyer des Jeunes Travailleurs voisin de notre structure, mais avec qui nous n’avions jamais travaillé. L’occasion d’un festival implanté sur le quartier des Carmes était trop belle pour ne pas l’inviter. Ce travail sera également l’occasion de distribuer des appareils photo jetables aux commerçants souhaitant s’associer à la démarche de l’atelier. Nous espérons ainsi voir des petites expositions fleurir ici et là sur les vitrines des participants. La totalité des images retenues, y compris celles de Bruno Boudjelal seront exposées durant deux semaines à Images du Pôle, du 5 au 18 juin.
Malik Nejmi
