« La traversée »,
de Élisabeth Leuvrey
55 mn., France, 2006 ( Alice films / Artline Films)

Projection en lien avec l’exposition « Algérie », photographies de Céline Marot du 6 avril au 6 mai
Chaque été ils sont nombreux à transiter par la mer entre la France et l’Algérie, principalement entre Marseille et Alger. Des voitures chargées jusqu’au capot des plus invraisemblables harnachements…
Des paquetages de toutes sortes, transportés comme l’on peut, entreposés à bord là où l’on peut...
Des hommes chargés de sacs et d’histoires.

Depuis Alger, c’est pour Marseille que l’on embarque, avec le sentiment partagé qu’il n’y a que cette destination à partir de la capitale algérienne. Depuis Marseille, c’est à Alger que l’on retourne. Là-bas, aujourd’hui, ils disent qu’enfin ça va mieux. En mer, nous ne sommes plus en France et pas encore en Algérie, et vice versa. Dans l’entre-deux — l’entre deux rives, l’entre deux pays, l’entre deux appartenances — s’exprime alors une parole qui jaillit souvent par nécessité. Depuis le huis clos singulier du bateau, au cœur du va-et-vient et dans la parenthèse du voyage, la traversée — film de l’entre-deux et du passage — met en scène ces femmes et ces hommes bringuebalés qui tous nous disent autrement l’Immigration.