Gàeenga, fou parmi les hommes
de
Paul Kabré
27 min — Burkina faso

« Gàeenga » en langue mooré désigne une personne victime de dépression ou de toute forme de maladie ayant trait au mental. Ces personnes souvent rejetées par leur milieu familial se retrouvent dans la rue.
À travers des entretiens émouvants, elles évoquent leur vie avant la maladie, leurs relations avec les autres dits normaux.
C'est aussi un aperçu des préjugés qu'ont les autres à leur égard et des différents traitements qui leurs sont réservés.
Cette soirée sera une des rares diffusions du film en France.

Extraits d’un entretien avec le réalisateur
« Peut-on montrer la souffrance sans avoir souffert soi-même ?
— Le meilleur messager d'un fou n'est-il pas bien l'enfant d'une folle ?
Je vous invite à me suivre dans l'univers de ceux dont le seul péché est d'avoir eu le malheur d'être des malades mentaux… ».
— Pourquoi avoir fait un film sur ce sujet ?
— J'ai remarqué que rien n'était fait pour ces malades exclus et marginalisés par la société. Il suffit de piquer une dépression pour être assimilé à un fou. Aujourd'hui la sensibilisation est telle qu'un enfant de moins de 10 ans peut vous parler du sida, de son mode de transmission. Par contre personne ne sait comment faire pour ne pas devenir fou.
J'ai fait ce film pour sensibiliser les uns et les autres et essayer de susciter une politique sanitaire auprès des autorités en la matière.
— Quel a été le déclic de ce film ?
— Vous savez quand vous avez connu une enfance comme la mienne, deux choix se présentent à vous : être le plus doux ou le plus méchant du monde.
Je pense que moi j'ai eu la chance d'être plutôt sensible. Ce n'est pas pour me juger mais quand un fou m'appelle docteur tout simplement parce que je fais fi de son état, sa saleté, alors que j'ai quitté l'école au CE2, convenez avec moi que cela est touchant. »
(entretien avec clapnoir.org)
Le travail de Paul Kabré vient d'être publié…
« Ce livre se veut une preuve que l'on peut partir de rien pour aboutir à quelque chose, sinon comment un enfant de la rue pourrait-il écrire ? Oui je suis un enfant de la rue parce que c'est là que j'ai tout appris, que j'ai fait la rude, la pénible, la charmante école de la vie . »
Paul Kabré